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James Houston

James Houston. Gracieuseté de la Houston North Gallery.

James Houston. Gracieuseté de la Houston North Gallery

James Houston, auteur, illustrateur, sculpteur, cinéaste et naturaliste s'intéressant à l'Arctique, est né à Toronto en 1921. En 1948, après avoir participé à la Seconde Guerre mondiale, il voyage dans l'Arctique de l'Est pour trouver de nouveaux visages et paysages à peindre. En 1949, avec la collaboration de Norman Ross, chef de poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson à Port Harrison, il commence à recueillir des échantillons de gravures inuites. Il les vend ensuite par l'entremise de la Guilde des artisans canadiens, à Montréal. C'est alors que naît une toute nouvelle industrie, particulièrement vitale pour un peuple dont les traditions commençaient à vaciller. Avec l'appui du gouvernement canadien et de la Compagnie de la Baie d'Hudson, M. Houston parvient à faire connaître à plus grande échelle les sculptures inuites en pierre, en os et en ivoire.


James Houston et Pouta examinent une gravure sur pierre au Art Centre, 1961 Benjamin Korda/ Bibliothéque et Archives Canada/PA-146514

James Houston et Pouta examinent une gravure sur pierre au Art Centre, 1961
Benjamin Korda/
Bibliothèque et Archives Canada/PA-146514

Plus tard, M. Houston s'installe à Cape Dorset où il enseigne aux Inuits l'art de l'imprimerie tel qu'il l'a appris au Japon. Ce sont les débuts de l'impression sur cliché en bois et de l'impression au stencil sur peau de phoque, techniques qui contribueront à faire apprécier l'art inuit d'un public de plus en plus vaste. Peu de temps après, la West Baffin Eskimo Cooperative est établie à Cape Dorset. Elle s'occupe de fixer le prix des sculptures et des gravures et de les vendre. M. Houston travaillera pour la coopérative pendant neuf ans. Le marché florissant de l'art inuit deviendra très lucratif pour les communautés autochtones du Nord.

Bien qu'il réussisse à la longue à parler couramment l'inuktitut, langue des Inuits, M. Houston éprouve au départ de la difficulté à s'exprimer, ce qui le pousse à utiliser son carnet de croquis pour communiquer. Il réalise des croquis du peuple principalement au stylo et au crayon. Les Inuits lui demandent souvent ses dessins pour décorer leurs habitations.


James Houston, 1960 Rosemary Gilliat/ Bibliothéque et Archives Canada/PA-146505

James Houston, 1960
Rosemary Gilliat/
Bibliothèque et Archives Canada/PA-146505

En 1953, M. Houston, désormais reconnu comme représentant de l'Arctique pour la Guilde des artisans canadiens, écrit le livre Eskimo Handicrafts – A Private Guide for the Hudson’s Bay Company Manager. Cette publication interne est destinée au personnel de la Compagnie qui fait l'acquisition des œuvres d'art de l'Arctique de l'Est. L'ouvrage fournit des conseils sur le choix des œuvres, l'évaluation de leur qualité, leur achat et la façon de les vendre. Grâce à ses magasins du Nord, la Compagnie de la Baie d'Hudson deviendra un des principaux fournisseurs d'art inuit authentique sur le marché d'art international.

Aujourd'hui, la tradition se perpétue. La North West Company, successeur de la division des magasins du Nord que la Compagnie de la Baie d'Hudson a vendue en 1987, achète encore des œuvres d'art inuit pour les revendre. Le marché de l'art inuit est toujours aussi prisé. Chaque année en novembre, la maison de vente aux enchères Waddington’s à Toronto organise une vente d'œuvres d'art inuit. En 2002, une pièce murale s'est vendue au prix record de 140 000 $ et on a récolté plus de 60 000 $ pour plusieurs sculptures. Lorsqu'il a lancé le marché d'art inuit à la fin des années 1940, M. Houston ne pouvait soupçonner que les œuvres remporteraient un jour d'aussi importantes sommes.

James Houston est décédé le 17 avril 2005, à sa maison du Connecticut. Il avait 83 ans. Conformément à ses désirs, sa dépouille a été incinérée. La moitié de ses restes se trouve avec ceux de sa famille à Stonington (Connecticut); quant à l'autre moitié, elle sera répandue dans les collines de Cape Dorset, au large de l'île de Baffin.