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Calendrier Hbc de 1913, illustrant le Commerce autrefois et aujourd'hui, artiste et date inconnus

Calendrier Hbc de 1913, illustrant le Commerce autrefois et aujourd'hui, artiste et date inconnus

La Compagnie de la Baie d'Hudson distribuait jadis aux clients de ses magasins et de ses postes un calendrier annuel, dont elle se servait comme outil de marketing pour promouvoir ses activités commerciales. Cette tradition naît en 1913. Pour la première édition de son calendrier, la Compagnie décide d'illustrer une scène historique. Au cours des 57 années qui suivront, elle se servira de son calendrier annuel pour présenter divers événements et personnages qui ont marqué sa riche et dynamique histoire. Cliquez ici pour retrouver une liste complète de toutes les illustrations de calendrier.

À l'origine, le calendrier adopte une forme simple : une seule page comportant la reproduction d'une œuvre, sous laquelle est agrafé un bloc-calendrier. À l'époque, le calendrier de la Compagnie se distingue à divers égards. Ses illustrations évoquent différentes pages de l'histoire de la Compagnie, mais il y a plus : elles portent la signature de grands peintres canadiens. En très peu de temps, le calendrier connaît un tel succès que ce sont les artistes eux-mêmes qui s'adressent à la Compagnie pour avoir le privilège de représenter son histoire.

Jusqu'à la fin des années 1920, le calendrier de la Compagnie - article prestigieux aux yeux de nombreux clients - a peu de concurrence. Par la suite, d'autres entreprises commenceront à produire des calendriers. Les thèmes historiques ou patriotiques ainsi que les paysages sont jugés convenables pour le foyer. Les calendriers offrent aux entreprises l'occasion de promouvoir leur image de manière vivante et pratique. Des sociétés telles que Confederation Life Association saisissent la force publicitaire que représente cet article que les gens fixent au mur et voient chaque jour. À compter de 1927, cette compagnie d'assurances commence à produire une série de calendriers illustrés représentant de grands moments de l'histoire du Canada. À l'instar de la Compagnie de la Baie d'Hudson, elle reconnaît l'avantage de présenter une série historique qui assurera la continuité de sa publicité, année après année.

Couverture du bulletin The Beaver, décembre 1930. Elle présente le Dernier attelage de chiens quittant Fort Garry, 1909, illustration du calendrier de 1931

Couverture du bulletin The Beaver, décembre 1930. Présente le Dernier attelage de chiens quittant Fort Garry, 1909, illustration du calendrier de 1931

À compter des années 1930, le calendrier de la Compagnie de la Baie d'Hudson est largement distribué dans les écoles, aux clients, aux touristes, aux entreprises et aux employés dans toutes les régions du Canada de même qu'à Londres. Les peintures reproduites sur les calendriers, des années 1920 aux années 1950, sont des œuvres de commande réalisées par des artistes canadiens réputés, notamment Charles Comfort, W.J. Phillips, Franklin Arbuckle et Adam Sherriff Scott. Le magazine The Beaver (publication interne de la Compagnie à l'origine) présente fréquemment ces œuvres en page couverture afin de toucher un plus vaste public. Parmi les œuvres particulièrement remarquables, mentionnons les suivantes : Bateaux d'York au poste Norway House de W.J. Phillips; Dernier attelage de chiens quittant Lower Fort Garry de Charles Comfort; Inuits du XVIIe siècle négociant avec un bateau de la Compagnie de la Baie d'Hudson de Franklin Arbuckle; et Le commerçant en chef Archibald McDonald descendant le Fraser de Adam Sherriff Scott.

Le négociant en chef Archibald McDonald descend le Fraser, 1828, par Adam Sherriff Scott, vers 1942

Le négociant en chef Archibald McDonald descend le Fraser, 1828, par Adam Sherriff Scott, vers 1942

Dès le début des années 1960, la question se pose : faut-il poursuivre la publication du calendrier? L'intérêt du public s'est effrité, puis la prolifération d'autres calendriers d'entreprises a terni le prestige de celui de la Compagnie. Magasins d'alimentation, postes d'essence, blanchisseries, fiducies, banques et autres sociétés offrent tous des calendriers. En 1961, dans un effort pour revitaliser le sien, la Compagnie décide de privilégier des images de partout au Canada «afin de mettre en valeur le caractère pancanadien de la Compagnie». La série de peintures à thèmes historiques est alors suspendue, en partie parce que la commande d'œuvres de qualité est devenue trop onéreuse. Dès lors, le calendrier présente des photographies de lieux liés à l'histoire de la Compagnie. Il adopte aussi un nouveau format de trois pages, chacune ornée d'une image différente, tout en couleur, correspondant à une période de quatre mois. Pourquoi trois images? Pour éviter que «l'utilisateur ne se lasse avant la fin de l'année». Les photographies publiées dans le calendrier de 1962 représentent Lachine, au Québec, Fort Prince-de-Galles, au Manitoba, et Fort Langley, en Colombie-Britannique. Après cet interlude, la Compagnie revient aux peintures à thème historique en 1965. Le directeur de Calgary déclare :«Nous préférons revenir à des peintures historiques... nous pensons qu'il est important d'utiliser des thèmes qui n'appartiennent qu'à nous.»

Ce renouveau d'intérêt pour la série historique ne va cependant pas durer. En 1970, la Compagnie célèbre le 300e anniversaire de sa fondation et décide de mettre un terme à sa production de calendriers. Elle crée un grand émoi lorsqu'elle commande au célèbre caricaturiste Ronald Searle la production de dessins pour la dernière édition de son calendrier ainsi que pour sa publication anniversaire, une histoire humoristique de la Compagnie racontée par Kildare Dobbs, Les Fourrures qui firent fureur - annales de la Compagnie de la Baie d'Hudson, 1670-1970. Cette année-là, le calendrier de la Compagnie sera tiré à 124 000 exemplaires en anglais et à 8 100 exemplaires en français.