(untitled)

Guerre et commerce

Tableau d'honneur de la Deuxième Guerre mondiale des magasins Woodwards; conception : A.J. Casson.

 

De nombreux employés de la Compagnie servirent dans les forces armées pendant la guerre. Ces personnes ont droit de cité sur les tableaux d'honneur et divers monuments commémoratifs. Le magasin la Baie de Queen Street, au centre‑ville de Toronto, ancien magasin‑étendard de la Compagnie Robert Simpson, abrite un magnifique tableau d'honneur en bronze dans le hall sud‑est. Une toile rend aussi hommage aux employés de Woodwards qui étaient en service actif durant la Seconde Guerre mondiale. L'œuvre est signée A.J. Casson, artiste canadien fort réputé qui se joignit au Groupe des Sept.

À l'époque de la Seconde Guerre mondiale, les bulletins du personnel font souvent mention des femmes et des hommes partis au front. On peut y lire les salutations que les conscrits adressent à leurs collègues restés au pays. Ces photos tirées de l'album que Woodwards a consacré aux combattants de la Seconde Guerre mondiale nous montrent le visage de ces femmes qui ont revêtu l'uniforme et servi durant cette guerre.

 

 

 

 

 

 

B. Hall, rayon de l'épicerie de Woodwards, enrôlé en mars 1942.

M. Simpson, service des commandes postales Woodwards, enrôlé en avril 1943.

 

 

Mme Allen, rayon de l'épicerie de Woodwards, enrôlée en mars 1943.

 

 

M. Francis, rayon de la vaisselle de Woodwards, enrôlé en avril 1944.

 

 

Bulletin «Tuesday-Morning» de Simpsons, le 25 avril 1944.

Par ailleurs, ceux qui demeurent de ce côté-ci de l'océan ne chôment pas. L'achat «d'obligations de la Victoire» au moyen de retenues salariales représente une contribution considérable. Les magasins mènent aussi de vastes campagnes pour vendre des obligations au public. Chez Simpson, le Girls’ War Service Club envoie des articles «de première nécessité pour la femme» à l'armée territoriale féminine (Auxiliary Territorial Service) en Grande‑Bretagne. En retour, le club reçoit une lettre de remerciement du palais de Buckingham, signée par la commandante en chef de l'A.T.S, nulle autre que Sa Majesté (feu la reine-mère). Simpson fait également don d'une clinique complète de don de sang à la Croix-Rouge canadienne, et l'équipe. Ayant reçu des dons de 1 576 associés en septembre 1943, la clinique ouvre ses portes au grand public le mois suivant. Sa mission est simple : permettre à l'agence d'atteindre son objectif torontois de 3 500 dons par semaine, ce qui serait impossible sans le nouvel établissement de Richmond Street.

 

 

La guerre impose aussi de nouveaux défis au commerce de détail. Certains produits sont frappés de sévères restrictions, voire bannis du commerce. En guise d'effort de guerre, de nombreux hommes d'affaires servent à titre de «fonctionnaires bénévoles» sous la direction de C.D. Howe, ministre des Approvisionnements et Services. Henry W. Morgan, président de la compagnie Morgan à Montréal, assume la fonction de coordonnateur adjoint, division du textile, au sein de la commission chargée de surveiller les prix en temps de guerre. Cette commission avait été instituée afin de prévenir toute poussée inflationniste. En 1942, Morgan ira prononcer un discours devant la Chambre de commerce des États-Unis au sujet des répercussions de la guerre sur le secteur du commerce de détail au Canada. M. Walter Zeller a été directeur sans affectation du comité d'épargne de guerre et a également été conseiller spécial du président du conseil de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre. En 1942 également, Billy Woodward, président des magasins Woodward, sert comme conseiller en matière de commerce et de logistique auprès du gouvernement fédéral. Charles L. Burton, de Simpson, devient président du Citizen's Committee for the Troops in Training, basé à Toronto.Ce comité coordonne les efforts des diverses associations de bénévoles qui répondent aux besoins des hommes de la marine, de l'armée de terre et de l'armée de l'air.

Chez Zellers, la Seconde Guerre mondiale entraîne des changements majeurs. Au cours de ces années, la direction doit mettre en veilleuse ses vastes projets d'expansion. Les femmes prennent les postes laissés par leurs collègues masculins. Du coup, elles se voient offrir de meilleures possibilités de formation en gestion, et leurs carrières progressent à pas de géant. En 1943, 47 % des employés masculins sont en service actif et les femmes représentent 87 % du personnel de la Compagnie. Fait intéressant, malgré les contraintes économiques, Zellers continue d'accroître son bénéfice au cours des années de guerre.