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Troupes à Upper FortGarry 1846-48, par Adam Sherriff Scott, vers 1944

Le tableau Troops at Upper Fort Garry 1846-48, par Adam Sherriff Scott, fut publié pour la première fois sur l’édition de 1946 du calendrier de la compagnie. Il commémora le centenaire de l’arrivée de troupes britanniques dans la colonie de la rivière Rouge, qui allait devenir Winnipeg, Manitoba. On y aperçoit un capitaine du sixième régiment à pied conduisant une calèche sous l’ancienne porte de pierre du Grand fort Garry. Du côté gauche on remarque deux des trois bâtiments réservés à l’usage de la compagnie; sur la droite, au centre du fort, se trouve la maison réservée pour les officiers de l’armée. Cette porte de pierre fut démolie dans les années 1850.

À la veille du noël de 1845, Sir George Simpson s’assit à son pupitre pour rédiger une lettre au gouverneur de la Compagnie."Deux problèmes lui troublent l’esprit. Les rapports qu’il reçoit en provenance de la colonie de la rivière Rouge font état de l’insatisfaction grandissante des métis de la colonie. Comme si cela n’était pas suffisant, les relations avec les Américains ne cessent de se tendrent en raison de la dispute frontalière de l’Oregon.” [The Beaver, Décembre 1945, p. 14 (traduction libre)]

En mai 1846, trois compagnies du sixième à pied quittèrent le port de Cork, en Ireland, pour arriver sur les berges de la baie d’Hudson 6 semaines plus tard, à York Factory plus précisément. Ils y rencontrèrent Donald Ross, chef facteur. Ross devait s’assurer d’amener à destination les soldats, c’est-à-dire les guider de la baie d’Hudson jusqu’à la colonie de la rivière Rouge en utilisant l’autoroute de l’époque: 700 milles de rivières, entrecoupées par 34 portages. L’équipée mit 7 semaines avant de parvenir aux deux forts Garry, et l’arrivée des militaires ne se fit pas sans difficulté pour la petite communauté. Le choc de se voir régit par tant de soldats passa toutefois rapidement: les soldats firent un très grand bien au commerce local – ainsi qu’aux divertissements: on rapporte qu’un certain Mr. Mosse releva un défi et marcha les 30 km séparant les deux forts en 3 heures et 39 minutes, le tout pour 5£ sterling.

L’ordre de départ fut donné en 1848. Les soldats, tous de jeunes hommes, ne purent retenir leur joie face à l’annonce, alors que la communauté demeura perplexe, ayant tant bénéficié de leur présence. La colonie de la rivière Rouge ne fut pas entièrement dénuée de protection puisque divers corps policiers et militaires s’y succédèrent jusqu’en 1861, lorsque l’autorité impériale décréta qu’il n’était plus nécessaire de maintenir une force policière dans la colonie.

À propos de l’artiste: Adam Sherriff Scott est né en 1887 à Perth, Écosse. Il a étudié à l’école des beaux-arts d’Edinburgh de 1904 à 1906, puis à l’école d’art Slade, à Londres, ainsi qu’à d’autres écoles. Il est arrivé au Canada en 1910. On sait qu’il peignait l’ouest canadien en 1911, avant de s’établir à Montréal, l’année suivante. Il servit dans l’armée en tant que peintre en 1917-1918. Dans les années 1920, il vécut un peu plus de six ans chez les Inuits. Scott fut admis à l’Académie royale canadienne en 1935. Adam Sherriff Scott est décédé à Ste-Anne-de-Bellevue, Québec, en 1980.

En raison de sa spécialisation dans la peinture historique, Adam Sherriff Scott s’est vu commandé de nombreuses murales à saveur historique. Il peignit, entre autres, une vingtaine de murales montrant le vieux Montréal pour la Chambre de commerce de Montréal, deux pour le magasin la Baie situé au centre-ville de Winnipeg – une que l’on peut encore voir aujourd’hui -, et plusieurs pièces ayant décoré les wagons du train transcontinental « The Canadian » du Canadien Pacifique.