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L’histoire de nombreuses grandes sociétés comporte l’expansion de leurs activités au‑delà de leurs sphères respectives, embrassant une variété d’autres entreprises économiques, certaines plus rentables que d’autres. L’histoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson ne fait pas exception.

La diversification, puisque c’est de cela qu’il s’agit, est habituellement une stratégie bien pesée visant à tirer parti d’occasions que la société présente comme potentiellement rentables tout en ne nécessitant qu’un minimum d’investissement. Dans certains cas, les nouvelles activités entreprises n’auront peu ou même rien à voir avec les activités originales de la société. Au 19e siècle, HBC s’engagea dans diverses activités, la plupart, sinon la totalité, ayant été développées en dehors de son principal secteur d’activité qui était la traite des fourrures.

Sir George Simpson, par Stephen Pearce, 1857, Collection d'entreprise de HBC

 

Sir George Simpson : Champion de la diversification

Sir George Simpson, à la barre des activités de la Compagnie en Amérique de Nord de 1821 à 1860, fut le premier à développer de nouvelles activités économiques secondaires. En dépit des objections de certains qui considéraient que toute activité autre que la traite des fourrures ne s’inscrivait pas dans le mandat et l’intérêt premier de HBC, Simpson s’enthousiasma facilement de toute entreprise, particulièrement si elle présentait de surcroît la possibilité de renforcer le monopole de la Compagnie et de nuire ou de supprimer la concurrence. Pendant les années George Simpson, HBC fit incursion dans deux secteurs d’activité : l’exploitation forestière dans la vallée de l’Outaouais; et la pêche dans les Grands Lacs. Considérant ces activités comme un type d’empiètement sur ses territoires tout comme sur la traite des fourrures – ce qui du moins s’avérera le cas plus tard pour l’exploitation forestière – HBC a exploité ces deux secteurs à perte, éliminant avec succès la concurrence et maintenant son contrôle.

Denrées Pacifiques

Emballage de saumon, Labrador, vers 1900, ACBH 1987/363-F-4A/1

Publicité HBC pour le saumon Hubay and Labdor, ACBH A.95/85 fo. 132

Sur la Côte du Pacifique, HBC devint très active dans la production et la vente de deux denrées : le saumon et les canneberges. Fort Langley était le centre de l’industrie du saumon née au début des années 1830, et sut tirer profit des richesses de l’immense fleuve Fraser tout à côté. Le saumon était si abondant, surtout en comparaison des animaux à fourrure traditionnel comme le castor, qu’un deuxième étalon de traite, basé sur le nombre de saumons, se développa. Les poissons étaient mis dans le sel dans de gros barils et expédiés aussi loin qu’à Londres, qu’à Honolulu et qu’en Australie. Cette expérience se révéla pratique au début du 20e siècle, quand HBC mis sur pied une entreprise de mise en conserve du saumon de l’Atlantique à Terre‑Neuve. En 1920, la Compagnie commença à produire du saumon en conserve sous les noms de Hubay et Labdor, noms qui furent acclamés lors de l’assemblée générale annuelle tenue à Londres en 1927. Ce secteur d’activité pris même de l’expansion quand, en 1928, HBC acquit une participation majoritaire dans Job Bros. & Co. de St John’s, une usine de pêche et de conserve et de conditionnement, qu’elle détint jusqu’en 1943. 

Les canneberges, tant la variété commune que celle des montagnes, croissaient naturellement dans la région de Fort Langley, et devinrent une importante denrée commerciale dans le milieu des années 1850. Les canneberges voyageaient bien et leur forte concentration en vitamine C procurait une protection très recherchée contre le scorbut. En 1855, 725 barils de canneberges furent vendus. Aujourd’hui, les canneberges communes sont encore exploitées commercialement autour de Fort Langley, et chaque année, en octobre, un Festival de la canneberge s’y déroule sous les hospices de Parcs Canada qui a désigné l’endroit « lieu historique national ».

 

Plan de Langley Farm par William H Newton, 1867, ACBHA. 11/82 fo. 186B

De l’agriculture à la vente de la glace

L’exploitation des fermes que détenait la Compagnie dans les États du Nord‑Ouest bordés par le Pacifique -à Cowlitz Farm de même qu’à Fort Nisqually et, plus tard, à Victoria – conduisit à la signature d’ententes d’approvisionnement avec les Russes en Alaska, de même qu’à la vente éventuelle des excédents de denrées alimentaires et de bétail sur le marché libre. Ces activités agricoles furent menées par la Puget Sound Agricultural Company, filiale de la Compagnie. Au début des années 1850, suite à la ruée vers l’or en Californie, HBC se lança dans la vente de la glace, donnant à bail des glaciers qu’elle administrait dans le Nord de la Colombie‑Britannique, afin d’approvisionner la ville champignon de Yerba Buena –l’actuelle San Francisco. Cette entreprise mit à contribution jusqu’à six navires de grande capacité à un moment donné de son histoire.

Associée à sa politique de rationalisation des frais administratifs et des charges d’exploitation, la diversification accomplie par Simpson fût somme toute une réussite, débouchant sur une période d’accroissement des dividendes et de prospérité.

La Vente de de propriétés foncières

Publicité HBC concernant les terres agricoles, The Beaver, mars 1930, Collection d’entreprise HBC

En échange de l’abandon de ses droits sur la Terre de Rupert, HBC négocia avec le nouveau gouvernement du Canada. L’Acte de cession qui en découla, signé en 1869, donna à HBC 300 000 £ et de généreuses concessions foncières dans la « zone fertile » de l’Ouest – région délimitée par le 49e parallèle, les Rocheuses, la rivière Saskatchewan Nord et l’axe du lac Winnipeg/lac des Bois. En 1874, la Compagnie établit sa Division foncière et nomma Donald Smith au poste de commissaire foncier. Smith était convaincu que la vente de propriétés foncières deviendrait une activité très lucrative. L’arrivée du chemin de fer et celle des colons qui suivit, signifiaient que les bons jours de la traite des fourrures dans cette région étaient comptés. Mais en tant que propriétaire de certaines des meilleures terres agricoles du continent, HBC était bien positionnée pour tirer profit de la vente de propriétés aux nouveaux arrivants. Dans les années 1880, Winnipeg s’est retrouvée au milieu d’un énorme boom foncier et pendant les quelques 40 années qui suivirent – jusqu’à la fin des années 1920 – la vente de propriétés foncières continua de générer d’immenses profits pour HBC. Mais les actifs étaient condamnés à s’épuiser et à la fin des années 1940, les meilleurs avaient été vendus. La Division foncière était fermée en 1961.

Sir Donald A. Smith, par Adolphus Muller-Ury, 1903, Collection d'entreprise de HBC

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