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On ne s'étonnera guère qu'une compagnie fondée il y a plus de 300 ans ait accepté différents modes de paiement au fil de son histoire. La charte qui est à l'origine de la constitution de la Compagnie de la Baie d'Hudson remonte à une époque où le Canada n'existait pas encore. En guise de monnaie d'échange, ni les pièces ni les billets n'avaient cours dans ce territoire sauvage, dit « Terre de Rupert ». Le commerce y reposait sur le troc déterminé par l'offre et la demande.

«Négoce à un poste intérieur de HBC dans les années 1840», tiré de Hudson Bay, de Ballantyne, 1848

ACBH 1987/363-T-32/27

Les habitants de la Terre de Rupert étaient de grands trappeurs et ils maîtrisaient l'art de la préparation des fourrures (utilisées dans la confection d'articles à la mode en Europe). Quant aux aventuriers de la Compagnie, ils disposaient de produits de consommation en abondance. En 1748, la peau de castor était devenue l'étalon monétaire du troc. La valeur des articles de traite, tout comme celle des autres fourrures, était exprimée en nombre de peaux de castor. Par exemple, une peau de castor était échangeable contre une livre de plomb noir ou deux livres de sucre, et il fallait compter deux peaux de martre pour une peau de castor. Dans la région du Nord‑Ouest du Pacifique, notamment à Fort Langley (Colombie‑Britannique), l'abondance du saumon fit naturellement de ce poisson une monnaie d'échange. Une grille tarifaire datant de 1829 exprime le prix des marchandises en nombre de poissons.

L'établissement de colonies permanentes dans la partie ouest de l'Amérique du Nord entraîna le développement d'une économie monétaire. Cette transition alla de pair avec l'évolution de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui délaissa peu à peu le commerce de la fourrure au profit du commerce de détail. Encore une fois, Fort Langley fournit un exemple typique. La ruée vers l'or du fleuve Fraser a commencé en 1857. À l'époque, Langley était le seul et unique établissement de toute la région et il devint forcément une halte importante pour le ravitaillement des miniers. Denrées, matériel et permis de prospection — celui‑ci vendu 5 $ par tête — étaient distribués aux prospecteurs contre espèces, amorçant le déclin d'une économie reposant sur le troc. James Douglas, négociant en chef, nota les observations suivantes en 1858 :

Le commerce en espèces est maintenant considérable à Fort Langley, les ventes se situant autour de 1 500 $ par jour. Les principales marchandises vendues sont la farine, le bacon et les haricots secs, ainsi que le matériel d'exploitation minière que nous importons de San Francisco, de même que les couvertures et les vêtements de lainage.

Jetons de commerce HBC, vers 1946

La commodité, tant pour le détaillant que pour le client, a toujours été le mot d'ordre de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Par conséquent, la vente au comptant a entraîné tout naturellement la vente à crédit. Vers la fin du XIXe siècle, le magasin Henry Morgan de Montréal faisait déjà crédit à ses meilleurs clients, qui pouvaient opter pour des versements trimestriels. Entre‑temps, les postes de traite de fourrure établis dans le grand nord avaient développé leur propre monnaie d'échange : les jetons du commerce des fourrures. Les trappeurs pouvaient ainsi livrer toutes leurs fourrures en même temps et obtenir «l'appoint» en jetons pour leurs achats ultérieurs. Les autorités des différents districts étaient responsables de l'émission des jetons de valeur assortie, correspondant à ½, 1, 2 ou 5 peaux de castor. Par ailleurs, les comptes de crédit et la première génération de cartes de paiement devinrent « monnaie courante » vers le milieu des années 1960. Puis, les magasins de la Compagnie de la Baie d'Hudson acceptèrent un nouveau mode de paiement : le chèque‑cadeau, sorte de monnaie d'échange prépayée, qui connut une immense popularité auprès des consommateurs. Aujourd'hui, la carte‑cadeau HBC s'inscrit dans la suite des choses 

Carte-cadeau HBC pour les nouveaux marriés, 2005

Appelée à remplacer les chèques‑cadeaux de valeur nominale déterminée, la carte‑cadeau HBC est vendue dans les magasins appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson – la Baie d'Hudson, Déco Découverte et hbc.com. Les clients peuvent aussi l'obtenir en échange de points du programme Primes HBC. Cette carte‑cadeau fonctionne comme une carte de débit. Le client peut y appliquer le montant de son choix, de 5 $ à 1 500 $. Cette innovation fait partie intégrante de la mission que la Compagnie s'est donnée : répondre à la majeure partie des besoins des Canadiens en leur assurant un accès pratique à différents points de vente, où ils trouveront plus de 60 % des marchandises courantes qu'ils recherchent. Un autre élément de la stratégie de la Compagnie consiste à établir un lien entre le client et les différentes bannières de la HBC, de manière à faciliter ses achats et à rendre son expérience de magasinage des plus agréables. Avec le lancement de la carte‑cadeau, la Compagnie poursuit une tradition en constante évolution afin de répondre aux exigences du marché. « Autre temps, autre monnaie… ».