(untitled)

 

Croix celte en argent de traite avec perles de verre; milieu du XXe siècle.

L’histoire de l’argent de traite commence au XVIe siècle lorsque les membres d’équipage des bateaux venus d’Europe, troquent des objets personnels tels que des broches, des épingles ou des croix contre ce que les Premières Nations ont à offrir, le plus souvent des fourrures. Ces pièces en argent sterling sont de haute qualité et très finement détaillées, mais très peu d'entre elles subsistent de nos jours, mis à part les objets religieux.

 Plus tard, lors des guerres de colonies, la France et l’Angleterre offrent aux Amérindiens de l’argent pour s’assurer de leur loyauté et former des alliances. En effet, dès 1631, selon la tradition en vigueur, le Cardinal Richelieu fait fabriquer des médailles en argent pour les offrir aux Premières Nations en territoire français. Louis XV est aussi reconnu pour avoir fait cadeau de pièces d’argent aux chefs amérindiens.

Croix jésuite en argent de traite, deux barres horizontales, avec perles pony; milieu du XXe siècle.

On situe l’apparition de l’argent comme élément d’échange aux environs de 1750, grâce à des mentions retrouvées dans des registres de négociants. Tout d’abord l'œuvre d'orfèvres anglais ou français en Europe, ces bijoux d’échange sont ensuite fabriqués en Amérique dans les villes de Québec et de Montréal, mais aussi à New York, à Philadelphie et à Détroit. Les articles d’orfèvrerie de traite sont le plus souvent fondus et façonnés à partir de pièces d’argent. Faciles à transporter, ils se prêtent parfaitement aux échanges commerciaux.

 Entre 1780 et 1820, la demande est telle que les bijoux en argent deviennent les principaux produits des orfèvres. À cette époque, les principaux orfèvres montréalais sont Robert Cruickshank, Charles Arnoldi et Pierre Huguet dit Latour, qui marquent généralement leurs pièces importantes de leur poinçon.

Les tribus du nord-est, accordent une grande valeur à ces broches, gorgerins, bagues, boucles d’oreilles ou de nez, pendentifs et autres, qui deviennent partie intégrante de l’habillement des guerriers. Ils prennent souvent la forme d’animaux dans lesquels les Amérindiens peuvent se reconnaître.

Croix de Lorraine en argent de traite, trois barres horizontales, avec perles pony en verre; milieu du XXe siècle.

La Compagnie de la Baie d'Hudson, plutôt récalcitrante à ce type d’échange, s’y convertit pourtant en 1796 devant le succès que rencontre son concurrent montréalais, la Compagnie du Nord-Ouest.

 La Compagnie de la Baie d'Hudson supprime les articles d’orfèvrerie de sa liste de produits d’échange en 1821, après sa fusion avec la Compagnie du Nord-Ouest.

 

Search Careers Shop About More