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John Rae rencontre les Esquimaux/ découverte des restes de l'expédition Franklin, par Charles Comfort, 1949

John Rae rencontre les Esquimaux/ découverte des restes de l'expédition Franklin, par Charles Comfort, 1949

Les chiens ont toujours joué un rôle important dans la vie des Autochtones comme dans celle des hommes de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Les témoignages qui suivent, tirés des documents primaires, illustrent cette importance.

Fidèle compagnon

Août 1824
Parti du portage des Rocheuses sur la rivière de la Paix, Samuel Black dirige une expédition qui remonte le cours de la rivière Finlay jusqu'à sa source.

«Nous campons sur un promontoire sablonneux dominant une vallée couverte de pins nains et de mousse, lieu de réclusion romantique s'il en est. La soirée est parfaitement calme; l'atmosphère, sereine dans le clair de lune. Seuls les hurlements solitaires des chiens des Indiens viennent rompre la quiétude de cette scène nocturne. Les bêtes rôdent autour de la montagne, attendant anxieusement le retour de leurs maîtres.»

Chasseur hors pair

Juin 1824 – Samuel Black

«Bien qu'ils ne soient pas de grands chasseurs, les Thecannies ont l'art d'enseigner à leurs petits chiens aux oreilles dressées à chasser seuls. Ces beagles au pelage touffu peuvent parcourir de longues distances et tenir leur proie en respect, aboyant jusqu'à l'arrivée de leur maître. Jamais un Thecannie ne bougera avant d'entendre le signal familier. Lorsque les hommes se lèvent — ce peut être le groupe au complet — ils s'avancent de tous les côtés pour éviter que la proie ne s'enfuie…»

Intérieur du Fort Garry, par H.A. Strong, 1884

Intérieur du Fort Garry, par H.A. Strong, 1884

Source de nourriture

1826 – Peter Ogden, négociant en chef

«Les Autochtones sont venus à notre campement pour échanger une douzaine de chiens et du saumon frais de première qualité… nos voyageurs canadiens apprécient la chair du chien, comme celle de tout autre animal. J'en ai souvent mangé moi-même et j'ai trouvé cette viande aussi agréable au goût que celle du porcelet. Ces saveurs sont d'ailleurs comparables. Les chiens sont de petite taille et ressemblent beaucoup au loup. Les grands chiens appartiennent à une race différente et leur chair a toujours un goût rance, ce qui n'est jamais le cas avec les chiens de plus petite taille.»

1696 – Déposition dans la cause opposant la Compagnie de la Baie d'Hudson d'Angleterre à la Compagnie canadienne de France

«Ils ne permettaient même pas qu'un médecin vienne soigner un homme malade, condamné à mourir faute de soins. Ils emprisonnèrent quinze Anglais de manière barbare, les confinant dans la cale d'un navire pendant plus d'un mois et ne donnant à chacun qu'une demi-pinte de purée par jour et une ration de viande de chien bouillie. Les prisonniers ne pouvaient prendre l'air et étaient forcés de faire leurs besoins sur place…»

Dernier attelage de chiens quittant Lower Fort Garry, 1909, par Charles Comfort, 1927

Dernier attelage de chiens quittant Lower Fort Garry, 1909, par Charles Comfort, 1927

Bête de somme

Mars 1797 – Peter Fidler

Selon le journal de Peter Fidler, John Pruden et George Groucher quittent la maison Buckingham le 2 mars, à bord de deux traîneaux à chiens. Ils transportent un ballot de vêtements et quelques bouilloires.

Le samedi 11 mars – Quatre hommes accompagnés de huit chiens vont rejoindre le groupe de Buckingham afin d'aider au transport de la marchandise du troc.

«Les chiens étaient les seules bêtes de somme qu'utilisaient les Chippewyans (hormis les femmes, faites pour le travail; il aurait fallu deux hommes pour transporter ou tirer la charge qu'une seule femme pouvait prendre). Vers 1740, Isham décrit les chiens comme faisant office d'animaux de trait; ils travaillent d'ailleurs aux champs. Dans les bois au printemps, les Chippewyans coupent des mâts de tentes dont ils se serviront dans la toundra en été. Ces bâtons de bouleau ne mesurent pas plus de huit pieds de long et un pouce carré de diamètre. Ils sont attachés deux par deux et tirés par les chiens tout l'été.»