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Confidences sur la couverture : Anecdotes vécues

À l'automne 2002, au moment du lancement de l'ouvrage de Harold Tichenor intitulé «La couverture – histoire illustrée de la couverture à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson», nous avons demandé aux associés de HBC de nous livrer leurs propres histoires au sujet de la couverture à points. En voici quelques-unes.

Alice Jakob
Howard Thiel
Zoya Garabedian
Bill Broderick
Sandra Dumas

La couverture… souvenirs d'une vie
Alice Jakob, service du Crédit, magasin la Baie du centre-ville de Montréal

Années 1940 : Mon premier souvenir de la couverture remonte à l'époque de ma petite enfance. Ma mère rangeait notre couverture à points dans la lingerie. Mon amie Faye l'avait surnommée «le tipi» en raison de ses rayures. Nous nous amusions à l'enrouler autour du canapé et du fauteuil pour en faire une tente, que nous fixions avec des épingles à linge.

Années 1950 : Au camp des guides, à Morin Heights (Québec), je me rappelle avoir utilisé la couverture pour recouvrir mon sac de couchage trop mince. Quand la couverture se mouillait sous une averse, nous la suspendions tout simplement entre deux arbres pour la laisser sécher au soleil.

Années 1960 : Mariage. Après l'université, j'ai commencé à enseigner à Montréal et j'ai rencontré l'amour de ma vie. Après notre mariage, j'ai acheté une couverture à points HBC; elle était bleue, la couleur favorite de mon mari! Elle nous tenait au chaud pendant les froides nuits d'hiver.

Années 1970 : Maternité. La couverture a diligemment servi à réchauffer mes petits lorsqu'ils étaient enrhumés. Un hiver, mon fils, alors étudiant au collège, apporta la couverture au lieu d'un sac de couchage encombrant pour un week-end de ski au mont Orford.

Années 1980 : Changement de carrière. J'ai laissé l'enseignement pour travailler chez Simpson, puis plus tard à la Baie. J'ai alors eu l'occasion de me procurer une autre couverture, celle-ci de format grand lit. J'ai alors choisi le modèle «tipi» de mon enfance. Ce modèle plus grand a mis fin à nos disputes à propos de la couverture que l'on tire trop à soi!

Années 1990 : Le nid vide. Les enfants se sont mariés et j'ai acheté deux autres couvertures à points que j'ai offertes en cadeaux de Noël. Vers la fin des années 1990, j'ai souffert de maux de dos lancinants et d'une sciatique douloureuse. Le médecin m'a alors recommandé de garder le lit et de rester au chaud. Sous la couverture, bien que nous étions en mai, je me suis reposée et mes douleurs ont disparu.

Année 2000 : Le nouveau millénaire. Après 35 ans, cette bonne vieille couverture bleue de la Compagnie de la Baie d'Hudson nous est encore utile, à mon mari et à moi, dans notre chalet du mont Owl’s Head. Je suis très fière à la pensée que nos petits-enfants continueront à en faire usage.

Témoin de l'histoire du Canada
Howard Thiel du magasin Zellers (027) de London, en Ontario

Féru d'histoire, j'ai toujours été fasciné par l'histoire de la fondation de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Au cours de notre lune de miel, ma femme et moi avons acheté une couverture à points avec l'argent que nous avions reçu en cadeau de mariage. Nous avons fait cet achat au poste de traite de Moose Lake, à Pointe-au-Baril, en Ontario. Vingt-quatre ans plus tard, cette couverture nous garde toujours au chaud durant les froides nuits d'hiver. Nous sommes heureux d'avoir pu acheter et utiliser un article qui témoigne de l'histoire du Canada. Nous prévoyons léguer cette couverture à notre fils. En outre, ma femme s'était procuré un manteau taillé dans la couverture de la Compagnie de la Baie d'Hudson au même poste de traite, quatre ans avant notre mariage, et elle ne s'en est jamais défait!

De la nécessité naît l'invention
Zoya Garabedian du magasin Zellers (238) de Scarborough, en Ontario

Lorsque j'étais aux études, j'avais un lit d'eau dont le chauffe-eau s'est brisé. Remplacer ce dispositif de chauffage était un problème. Il m'en aurait coûté autant que le prix d'origine du lit. Au lieu d'acheter un nouveau chauffe-lit d'eau, j'ai plutôt recouvert le matelas de ma couverture à points.

Ça valait le coup
Bill Broderick du magasin Zellers (444) de Trail, en Colombie-Britannique

L'an dernier, j'ai décidé d'offrir à ma femme pour son anniversaire une couverture à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson. J'avais choisi ce présent, car elle a toujours froid et, la nuit, il lui faut souvent jusqu'à trois couvertures ordinaires pour la tenir au chaud. C'était donc le cadeau idéal. Cependant, ce fut toute une épopée que cet achat! Comme il n'y a pas de magasin la Baie à moins de quatre heures de route de notre localité, je me suis adressé au magasin de Medicine Hat, en Alberta, où l'on a aimablement accepté de prendre ma commande par téléphone. J'avais choisi ce magasin, car mes beaux-parents vivent là-bas et ils pouvaient s'occuper d'aller chercher la couverture. Finalement, ma belle-mère me l'a envoyée par la poste et je l'ai reçue la veille de l'anniversaire seulement! Lorsque ma femme a déballé son cadeau, la surprise se lisait sur son visage. Elle l'adorait et l'a drapée aussitôt autour de ses épaules, avant de se rendre compte que l'étiquette à teinture n'avait pas été retirée. Nous avons téléphoné au magasin la Baie le plus près. On nous a invité à passer au magasin, lorsque nous en aurions l'occasion, afin de faire retirer cette étiquette. Tout cela est arrivé il y a plus d'un an et, depuis, nous n'avons cessé d'utiliser la couverture. Ma femme n'a plus besoin de trois couvertures pour se tenir au chaud : sa couverture à points HBC lui suffit.

Un prix formidable
Sandra Dumas du magasin Zellers (22) de Campbell River, en Colombie-Britannique

Lorsque j'avais trois mois, mes parents ont acheté trois billets de tirage pour 25 ¢ au cours d'une tombola au profit de l'église. Le premier prix était une couverture à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson, le modèle rouge à quatre rayures noires, qui pouvait être coupée en son centre pour en faire deux couvertures. (Note : toutes les couvertures HBC étaient autrefois emballées par paires et offertes ainsi. On ne les séparait qu'au moment de la vente.) Les deux couvertures sont encore dans la famille. Lorsque je me suis mariée, j'ai dit à mon père que j'allais prendre les deux couvertures. Comme il était convaincu que mon nouveau mari et une couverture suffiraient bien à me tenir au chaud, il en a gardé une! Quand mes propres enfants ont quitté la maison, il y a eu bien des discussions pour déterminer qui allait prendre la couverture. On décida donc que j'allais la garder. Après tout, j'hériterais de l'autre couverture au décès de leur grand-père. Ainsi, comme j'ai deux enfants, ils obtiendraient un jour chacun leur couverture. Au fil des années, les couvertures ont voyagé du nord de l'Ontario jusqu'au nord de la Colombie-Britannique, pour ensuite revenir en Ontario, puis retourner toutes deux avec moi sur l'île de Vancouver. Leur va-et-vient dans tout le pays n'est pas sans rappeler les allées et venues des premiers négociants de fourrures. Cela dit, les enfants devront encore attendre. Leur grand-père a maintenant 70 ans, et ni lui ni moi n'avons l'intention de nous défaire de nos couvertures, qui jusqu'à présent ont gardé au chaud deux générations de notre famille.

Vous avez une histoire à raconter au sujet de la couverture à points HBC? Le cas échéant,
écrivez-nous.