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Morgan de Montréal

Naissance de l’entreprise

En 1844, Henry Morgan, jeune homme de vingt‑trois ans, quitte Glasgow, en Écosse, pour tenter sa chance à Montréal. Il est déjà fort d’une solide expérience dans le commerce de tissus et d'articles de mercerie, car il a commencé à travailler comme apprenti à quatorze ans. Le poste qu’il occupe est respectable, mais le jeune homme a de l’ambition et il est pressé de gravir les échelons. Muni d’une lettre de recommandation à l’intention d’un client de son frère aîné, lui‑même commerçant renommé, il s’embarque en avril.Il se garde bien dévoiler ses intentions à ses parents, de peur qu’ils ne tentent de l’en dissuader.

Entente d'association entre Morgan et Smith, January 14, 1845

Henry Morgan débarque à Montréal en mai 1844. Il prend rendez‑vous presque immédiatement avec David Smith, lui‑même immigrant écossais, et avec son associé, Thomas Waddell. Impressionnés par le jeune Morgan, les deux marchands l’embauchent sur‑le‑champ. Les choses progressent rondement. Avant la fin de l’année, Henry Morgan a déjà éclipsé Waddell pour devenir l'associé principal de Smith 

Morgan a de l'affection et de l'estime pour David Smith, qu’il juge intelligent, honnête et expérimenté. Pour sa part, Smith voit en Morgan un homme ambitieux, disposant d’un excellent réseau de relations à Glasgow, dans le commerce des tissus et des articles de mercerie. En janvier 1845, la maison Smith & Morgan voit le jour. David Smith contribue son expérience et son expertise financière, tandis que Morgan s’occupe des achats et de la vente. Les relations de Morgan se révèlent très utiles : le nouveau commerce passe sa première commande auprès de l’ancien employeur de Morgan et de l’entreprise de son frère James. Smith & Morgan ouvre ses portes au public le 22 mai 1845.

En quelques années à peine, l’entreprise dépasse ses possibilités financières. Au même moment, une crise économique éclate. L'entreprise Smith & Morgan est incapable de régler à ses fournisseurs outre-mer les stocks qu’elle leur a achetés à crédit. Cette situation porte un coup particulièrement dur à James Morgan qui, en 1848, se voit contraint de céder ses intérêts dans son entreprise à Glasgow. En 1850, à la demande pressante de Henry, il vient à Montréal pour constater l'état des choses. Dans l’intervalle, David Smith se rend à Glasgow, histoire d’apaiser les créanciers mécontents. Avant de quitter l’Écosse, il écrit à James qu’il serait prêt à lui vendre sa part de l’entreprise moyennant 4 000 £. James accepte la proposition et conclut avec son frère Henry une association à parts égales, en 1851.

James Morgan ne s’installe pas à Montréal immédiatement. Il reste en Écosse le temps d’acheter des marchandises pour la nouvelle entreprise et de rétablir la réputation de Henry Morgan auprès des fournisseurs. Les affaires personnelles de James souffrent de toute cette affaire, qui met en péril le partenariat des deux frères. C’est le bilan d’avril 1851 qui fait pencher la balance : il affiche un bénéfice vigoureux en dépit des difficultés des années précédentes. James et sa famille s'embarquent donc pour Montréal au début de 1852. La nouvelle entreprise familiale des Morgan se nomme désormais Henry Morgan & Company.

Premières adresses

Inscription de Henry Morgan & Co., rue McGill, dans le bottin commercial de Montréal.1862–1863.

Qui retrace les bâtiments que le magasin Morgan occupe successivement au fil des ans obtient, par la même occasion, un aperçu de la croissance et de l’histoire de la ville de Montréal. Lorsque Smith & Morgan ouvre ses portes au public en 1845, le personnel du commerce se limite à deux commis. Le magasin loge au 240 de l’avenue Notre‑Dame, juste à l'est de la rue McGill, à l’ombre des grands voiliers amarrés dans le port de Montréal. En 1853, le petit commerce, devenu Henry Morgan & Co., s’installe dans un local plus grand, au 208 de la rue McGill. Une quarantaine de commis forment alors le personnel du magasin. Cinq ans plus tard, la Compagnie acquiert les lots situés à l’angle de la rue Notre‑Dame, au numéro 284, afin d’agrandir son magasin. Dès lors, l’édifice commercial formant un L offre un accès sur les deux rues. À cette époque, on désigne de plus en plus le magasin sous le nom de «Colonial House». Ce vocable, soulignant les liens du commerce avec la Grande‑Bretagne, restera accolé à Morgan jusqu’au milieu des années 1930.

Le magasin quitte ensuite le secteur portuaire pour s’établir dans le quartier des affaires. En 1866, le commerce élit domicile dans un bâtiment de la rue Saint‑Jacques, angle Victoria; une centaine de commis s’affairent dans ses rayons répartis sur quatre étages. En 1874, le propriétaire ajoute un cinquième étage à son commerce, qui compte alors 150 commis. À cette étape de son évolution, le magasin de jadis, spécialisé dans la vente de tissus et d'articles de mercerie, est devenu un grand magasin proposant à sa clientèle un assortiment varié : prêt‑à‑porter, mobilier, vaisselle, etc.

Carte promotionnelle du magasin Colonial House de Morgans, donnant la liste des rayons, 1891

Installation au carré Phillips

 

Henry Morgan ne s’est jamais marié, mais son frère James a eu un fils, également prénommé James. Sur les traces de son père, James II fait ses débuts dans l’entreprise familiale en 1863. Son cousin Colin, fils d’un troisième frère Morgan, se joint à l’entreprise en 1869. On attribue à Colin Morgan le déménagement le plus important de l'histoire de l'entreprise. En 1886, Montréal subit une inondation désastreuse.Chez Morgan, la marchandise conservée au sous‑sol est touchée, entraînant de lourdes pertes. À cette époque, la clientèle de Morgan se déplace vers les quartiers périphériques de la ville. De somptueuses résidences s'élèvent dans les nouveaux secteurs résidentiels. En 1889, Colin et James II conçoivent de reloger le magasin au sommet de la côte du Beaver Hall. Après avoir rallié Henry et James I à leur plan, les deux cousins commencent à acquérir des terrains du côté nord du carré Phillips, à l’angle de la rue Sainte‑Catherine et de l’avenue Union.

C’est la consternation parmi les gens du quartier et la moquerie parmi les concurrents. Tous, hormis les Morgan, sont persuadés que l’entreprise est vouée à l’échec.  Les «experts» leur donnent une année, peut‑être deux.Qu’à cela ne tienne, en avril 1891, le commerce ouvre ses portes à sa nouvelle adresse, et pour de bon cette fois! En moins de cinq ans, ce tronçon de la rue Sainte‑Catherine deviendra le nouveau quartier commerçant du centre‑ville.

Croquis du magasin Morgans de Montréal, vers 1891

Selon les plans d’origine, le nouveau «Colonial House» de la famille Morgan devait compter cinq étages, mais les propriétaires décident, malgré leur optimisme, de réduire le projet à quatre étages. L’étage supérieur est réservé aux ateliers Morgan. Dans ces locaux, un grand nombre de couturières, d’ébénistes et de rembourreurs s’affairent à la confection de meubles, de rideaux et de vêtements sur mesure. Ces ateliers produisent de quoi garnir la majeure partie des rayons du magasin. Sur ce plan, la maison Morgan se distingue des autres détaillants, dont la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui, malgré un grand nombre de marques maison, ne s’engageront jamais directement dans la production.

Vers 1900, le manque d’espace devient pressant.Afin de pouvoir consacrer le quatrième étage à la vente, la Compagnie acquiert deux bâtiments sur la côte du Beaver Hall, notamment celui de la société Dominion Motor Coach Company, et y installe ses ateliers. La maison Morgan souhaite se diversifier et conserve cette entreprise de véhicules motorisés. La société se lance dans la construction de carrosserie et dans le rembourrage de banquettes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, cette division de l’entreprise obtient un contrat pour la fabrication des sièges des bombardiers Mosquito. Entre‑temps, les ateliers se transforment et proposent un service complet de décoration intérieure. La clientèle peut confier au personnel de Morgan tout l’aménagement de la maison ou du bureau : peinture, tapis et mobilier.

L’expansion de 1923

La croissance soutenue et le succès expliquent la mise en branle d’un vaste projet d’expansion au début des années 1920. Au cœur de ce projet figure l’érection d’une annexe de huit étages derrière le magasin de la rue Sainte‑Catherine. Cette construction portera à 127 mètres (417 pieds) la façade donnant sur l’avenue Union et joindra l’annexe existante de la rue Aylmer. Le nouveau bâtiment dessinera ainsi la forme d’un L. La réalisation de ce projet exige cependant la démolition de plusieurs propriétés. En 1920, la Compagnie acquiert l’édifice Havelock, jouxtant le magasin du côté nord sur l’avenue Union, dans le but de le démolir. L’annexe de l’avenue Union, datant de 1906, sera aussi démolie. Entre ces deux bâtiments se dresse l’édifice Bell’s Galleries, appartenant à Hugh Graham, Lord Atholstan, propriétaire du Montreal Star. Atholstan résiste une année durant, puis il cède son édifice pour 250 000 $ en 1921. Cette somme rondelette rend la démolition de l’édifice insensée d’un point de vue financier. Voilà pourquoi on décide plutôt de le déménager une centaine de mètres plus loin.

La nouvelle annexe, faite de béton armé, compte huit étages et un sous‑sol. Grâce à elle, le magasin accroît sa superficie de plus du double, la faisant passer à plus de 28 700 mètres carrés (309 000 pieds carrés). Sept immenses vitrines, de près de 2,50 mètres sur 6 mètres (8 x 20 pieds), donnent sur l’avenue Union. Le vaste rez‑de‑chaussée a une superficie de plus de 3 000 mètres carrés (34 000 pieds carrés); il est entièrement garni de présentoirs de noyer. Le magasin est équipé de nouveaux monte‑charges, capables de hisser un fardier chargé et son attelage de chevaux ou un camion motorisé de 10 tonnes. Des installations toutes neuves, assurant le chauffage et l’éclairage du magasin, sont aménagées du côté est de la rue Aylmer, reliées au magasin par un tunnel sous le pavé.

Les ateliers Morgan font office de maître d’œuvre dans ce projet. Ils réalisent les fondations, coulent le béton, installent la plomberie et le système de chauffage, posent les garnitures et les boiseries, effectuent les travaux de menuiserie, de plâtrage et de peinture et installent le linoléum. Colin Morgan pose la première pierre de la nouvelle annexe le 21 avril 1923, soit 32 ans, jour pour jour, après l’ouverture du magasin de la rue Sainte‑Catherine. L’inauguration prévue pour le 15 novembre impose un calendrier d’exécution plus que serré : les ouvriers ne disposent que de 196 jours de travail en tout et pour tout!

La croissance de Morgan

Les années 1950 font place à l’expansion du magasin Morgan hors du centre‑ville. Sur ce plan, le développement de la Compagnie reflète celui des autres détaillants. En réponse à l’essor économique de l’après‑guerre et à l’exode des citadins vers la banlieue, les commerces ouvrent des succursales dans les nouvelles zones périphériques.

La Compagnie inaugure sa première succursale dans le quartier Snowdon, à Montréal, en 1950, puis, la même année, elle ouvre une deuxième succursale, rue Bloor, à Toronto. En 1951, la Compagnie acquiert le magasin R.J.Devlin de la rue Sparks, à Ottawa. La succursale du centre commercial Boulevard, dans le nord-est de Montréal, ouvre en 1953; celle de Dorval Gardens, en 1954; celle de Lawrence Plaza à Toronto, en 1955; celle de Hamilton, en 1957; celle du centre Rockland à Montréal, en 1958 et, enfin, celle de Cloverdale à Etobicoke (Toronto), en 1960.

Murale des « hommes-choux ».Février 1952.

Morgan ne néglige pas pour autant ses racines, au cœur du centre‑ville. En 1952, la Compagnie prouve encore une fois qu’elle sait innover en louant le sous‑sol de son magasin de la rue Sainte‑Catherine à la chaîne montréalaise d'épiceries Steinberg’s ltée. L’idée d’établir un marché d’alimentation fait l’objet de discussions depuis un certain temps parmi les administrateurs de la Compagnie. Ils croient qu’en offrant à la clientèle une épicerie au magasin même, ils poursuivent la tradition de Morgan : qualité supérieure à prix abordable. «L’endroit où tout trouver» devient le sceau du grand magasin au centre‑ville.

L’épicerie Steinberg est accessible par l’avenue Union et par les escaliers qui descendent du rez‑de‑chaussée. Une joyeuse murale représentant des maraîchers décore la cage d’escalier; les journalistes de l’époque en parlent abondamment.«Steinberg chez Morgan», comme disent les gens, adopte un horaire quelque peu différent de celui du magasin afin de répondre aux besoins des clients qui veulent faire leurs courses après le travail. L’épicerie offre la livraison dans un quadrilatère délimité par la rue Duluth et l’avenue des Pins au nord, la rue Amherst à l’est, la rue Victoria à l’ouest et les rues Craig et Saint‑Antoine au sud. Moyennant un supplément, la livraison est aussi offerte dans l’ouest de l’île, jusqu’à Sainte‑Anne‑de‑Bellevue et Senneville.

Acquisition par la Compagnie de la Baie d’Hudson

À la fin des années 1960, la société Henry Morgan & Company Ltée et la Compagnie de la Baie d’Hudson signent une entente voulant que les deux parties ne forment qu’une seule entité. Selon certaines sources, il s’agit d’une «fusion», mais, en réalité, la Compagnie de la Baie d’Hudson a racheté en bloc l’entreprise de la famille Morgan. Bien des Montréalais ignorent que l’acquisition remonte si loin, sans doute parce que les magasins de la région métropolitaine ont conservé l'enseigne Morgan jusqu’en juin 1972.

À l’époque, les deux parties sont intéressées par l’opération à plus d’un titre. Selon David Morgan, qui publiera l’histoire de sa famille en 1992, les Morgan ont plusieurs raisons de vouloir vendre l’entreprise familiale. L’expansion dans la banlieue montréalaise et dans d'autres villes s’est révélée extrêmement coûteuse et les bénéfices ne sont pas à la hauteur des attentes. Bart Morgan, alors président, a presque 50 ans et il caresse déjà d’autres projets. Enfin, et c’est peut‑être la principale raison, la cinquième génération de la famille Morgan ne compte aucun membre désireux de poursuivre l’entreprise familiale.

La perspective de Compagnie de la Baie d’Hudson tout aussi intéressante. Selon les dossiers de la Compagnie, un «porte‑parole» de la maison Morgan aborde Hbc au sujet d’une fusion possible, dès mai 1957. Le comité canadien du conseil d’administration de Hbc oppose alors son refus à cette proposition. En décembre 1959,cependant, un haut dirigeant de Hbc se déplace à Montréal pour observer les activités de Morgan. Son rapport est positif.En raison de l’expansion, le personnel a été sollicité à l’extrême, et les employés sont plus âgés que la moyenne, ce qui laisse entrevoir d’imminents problèmes de main-d'œuvre. Il souligne également que la famille Morgan tient à vendre son entreprise à des intérêts canadiens et non américains.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour la conclusion d’un marché avantageux pour les deux parties. La Compagnie de la Baie d’Hudson acquiert 10 magasins et, du coup, établit sa présence dans l’est du Canada, où elle ne compte encore aucun magasin, bien que les deux tiers de la population canadienne soient concentrés dans cette région. Le volume de ses ventes au détail s’accroît aussitôt de 50 % et, par conséquent, la Compagnie renforce sensiblement son pouvoir d’achat. Les actionnaires de Morgan reçoivent une action de Hbc plus 14 $ en espèces pour chaque action de Morgan; la valeur du rachat totalise 15,4 millions de dollars. Au terme de l’opération, les membres de la famille Morgan détiennent près de 7 % des actions de Hbc, ce qui constitue le bloc d’actions le plus important détenu par un portefeuille unique.

Rénovation et expansion de 1964 à 1966

Presque immédiatement après avoir racheté Henry Morgan & Co., la Compagnie de la Baie d’Hudson commence à planifier des travaux de rénovation majeurs au magasin du centre‑ville. Celui‑ci a une allure vieillotte, juge-t-on, et son décor est quelque peu défraîchi. Une série de projets visent à améliorer l’ensemble. Au terme de cette expansion, le magasin occupera tout le pâté de maisons

Bon Marché : rayon des chapeaux.1966.

Les plans comprennent un parc de stationnement intérieur de 550 places réparties sur cinq étages; il sera situé juste au nord, de l’autre côté du boulevard de Maisonneuve. De plus, le magasin offrira un éventail complet de services alimentaires, avec cinq restaurants et comptoirs libre‑service. Autre changement majeur, on planifie la transformation de l’aire de vente du sous‑sol, plus vaste qu’auparavant. À cette époque, les magasins de vente au rabais commencent à se tailler une place importante dans le marché.Hbc réagit en mettant en œuvre un plan hardi : transformer le sous‑sol du magasin en une foire aux aubaines, nommée «Bon Marché». Le caractère multiculturel de Montréal constituera le thème‑clé des éléments de présentation, destinés à refléter les principaux groupes ethniques de la ville.

Le Bon Marché sera un pôle d’attraction, certes, mais il sera également assuré d’une circulation considérable, grâce à la construction de la station McGill du nouveau métro de Montréal, qui doit entrer en service en 1966. Tous ces projets doivent cependant être achevés à temps pour l’exposition universelle de 1967.

La tradition se poursuit…

Dans les annales de la Compagnie de la Baie d’Hudson, le début du XXIe siècle sera marqué par des rénovations de taille au magasin la Baie du centre‑ville de Montréal. Depuis l'automne 2001, la Compagnie a investi des sommes importantes afin de donner au magasin une allure qui soit à l'image de la clientèle montréalaise :  avisée, raffinée, élégante et urbaine.

Ainsi, le nouveau concept veut que les comptoirs de produits de beauté soient regroupés près de l'entrée principale de la rue Sainte‑Catherine. Cette façade est percée de vitrines qui s'ouvrent sur la rue, créant une ambiance sympathique qui attire le regard des passants. Les accessoires et les bijoux ne sont pas en reste; une place commerciale à l'européenne leur est réservée dans l'aire centrale du rez‑de‑chaussée. Au troisième étage, le rayon des vêtements pour femme et celui de la lingerie conservent tout leur cachet d'élégance et de raffinement. L'éclairage est plus soigné, néanmoins, et les fenêtres ont été dégagées afin de créer un décor lumineux, une ambiance aérée. L'esprit d'innovation et la volonté de changement qui ont présidé à l'ouverture du magasin Morgan du carré Phillips, il y a plus d'un siècle, ne se sont jamais démentis. Aujourd'hui, la tradition se poursuit.