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Questions générales

Couvertures à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson

  1. Que sont les points et que signifient-ils?
  2. Que signifient les couleurs des rayures?
  3. À quel endroit les couvertures sont-elles fabriquées de nos jours?
  4. Comment puis-je déterminer l'âge de ma couverture?
  5. J'ai une couverture à points Hbc ancienne. A-t-elle de la valeur?
  6. Puis-je laver ma couverture? Comment devrais-je l'entretenir?
  7. Dans quelles couleurs les couvertures ont-elles été offertes?
  8. Ma couverture présente quatre séries de rayures et est deux fois plus longue qu'elle le devrait. S'agit-il d'une erreur?
  9. Vendez-vous toujours des manteaux en tissu de couverture?
  10. Je vis aux États-Unis. Où puis-je acheter des couvertures à points HBC?
  11. Depuis combien de temps la Compagnie de la Baie d'Hudson vend-elle des couvertures?
  12. De quoi avait l'air le traditionnel manteau de style portefeuille?
  13. Où puis-je trouver plus de renseignements sur les couvertures à points HBC?
  14. Pourquoi la rayure de la couverture paraît-elle bleue dans votre publicité alors qu'en fait, elle est noire?
  15. J'habite au Royaume-Uni/en Europe. Où puis-je me procurer des couvertures à points HBC?
  16. J’ai entendu dire que Hbc avait expédié des couvertures infestées par le virus de la variole afin de contaminer des tribus des Premières Nations.  Est-ce vrai?

Que sont les points et que signifient-ils?

 

Annonce parue dans The Beaver, 1960

Annonce parue dans The Beaver, 1960

Les points sont de courtes lignes noires tissées dans la couverture juste au-dessus d'une des séries de rayures. Les points entiers mesurent environ quatre pouces de long et les demi points, environ deux pouces. Le système de «points» est une invention des tisserands français du milieu du XVIIIe siècle, qui s'en servaient pour indiquer la surface finie des couvertures puisque celles-ci rétrécissaient (et rétrécissent encore) pendant le processus de fabrication. Le mot «point» vient de l'ancien verbe empointer qui signifiait «faire des points de couture dans une étoffe». Les premières couvertures à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson datent de 1780, mais Hbc vendait des couvertures sans points dès 1670, année de sa fondation.

 

Au fil des siècles, la dimension des couvertures a changé, en particulier au XXe sìècle, alors que les lits sont devenus plus larges. À l'époque de la traite des fourrures, on trouvait surtout des couvertures de 2,5, 3, 3,5 et 4 points; aujourd'hui, Hbc offre des couvertures de 3,5 points (lit une place), 4 points (lit deux places), 6 points (grand lit) et 8 points (très grand lit).

On croit souvent, à tort, que les points indiquaient à l'origine le prix en peaux de castor des couvertures. De temps en temps, compte tenu des forces du marché, il y avait un lien entre les points et les prix; par exemple, une couverture de deux points pouvait coûter deux peaux de castor, mais il s'agissait d'une pure coïncidence. Les couvertures plus grandes ont un poids supérieur et ont par conséquent toujours coûté plus cher; toutefois, l'épaisseur et la qualité étaient toujours les mêmes d'une couverture à l'autre. C'est encore vrai de nos jours, sauf dans le cas du jeté caribou. Il s'agit d'une couverture à franges de la taille d'un afghan, qui est plus légère que les couvertures ordinaires. Elle présente également des rayures plus fines, précisément en raison de sa taille réduite.

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Que signifient les couleurs des rayures?

Rien, du moins pas de façon intentionnelle. Les quatre couleurs traditionnelles (vert, rouge, jaune et indigo) étaient simplement des couleurs populaires faciles à produire au moyen de teintures grand-teint de bonne qualité à l'époque où la couverture à rayures multicolores a été introduite, soit vers 1800. Ces quatre couleurs sont parfois appelées «Queen Anne» parce qu'elles sont devenues populaires pendant son règne (1702-1714).

Par contre, ces couleurs ont toujours eu un sens particulier pour les autochtones qui furent, après tout, les premiers clients de Hbc. Le vert signifiait la vie nouvelle, le rouge représentait souvent la chasse ou les batailles, le jaune rappelait les moissons ou le soleil, tandis que le bleu signifiait l'eau. Les autochtones accordaient une grande importance aux couleurs, qui changeaient souvent au gré de leurs exigences.

La référence la plus ancienne aux rayures multiples se trouve dans un bon de commande provenant du siège social de Londres et envoyé à Thomas Empson de Witney (Oxforshire); il visait «30 paires de couvertures à trois points devant présenter des rayures de quatre couleurs (rouge, bleu, vert, jaune), selon votre bon jugement». L'ordre moderne des rayures (vert, rouge, jaune et indigo) ne deviendra la norme que vers le milieu ou la fin du XIXe siècle.

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À quel endroit les couvertures sont-elles fabriquées de nos jours?

Les couvertures à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson sont fabriquées en Angleterre par John Atkinson & Sons, division de A. W. Hainsworth & Sons Ltd.

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Comment puis-je déterminer l'âge de ma couverture?

L'étiquette de la couverture est le meilleur moyen de déterminer son âge. La couleur de l'étiquette, sa taille, la teinte du fil, le texte et la disposition du texte donnent des indices précieux sur la date de fabrication. La taille (dimensions) de la couverture et sa couleur sont également très utiles.

Les services du Patrimoine Hbc ne sont pas en mesure de déterminer l'âge des couvertures, mais voici néanmoins quelques principes généraux :

  • Les premières étiquettes étaient habituellement rouges sur fond blanc et mesuraient généralement 1,5 X 2,5 pouces, à un quart ou un huitième de pouce près.
  • Dès les années 1940, les étiquettes mesuraient environ 3,5 X 3 pouces.
  • Les étiquettes bilingues ont fait leur apparition en 1970.
  • Les couvertures à six points (grand lit) ont été lancées vers le milieu ou la fin des années 1960.
  • Les couvertures à huit points (très grand lit) ont été lancées vers le milieu ou la fin des années 1980.
  • Les termes «ALL WOOL» ont été supprimées des étiquettes dès 1950.
  • L'expression «100% WOOL» a fait son apparition en 1950.
  • Le numéro d'enregistrement américain 220747 a été utilisé pour la première fois en 1926.

 

Harold Tichenor, auteur et collectionneur de couvertures à points Hbc, a rédigé un guide à l'intention des collectionneurs. Cliquez ici pour plus de renseignements.

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J'ai une couverture à points Hbc ancienne. A-t-elle de la valeur?

Oui. Au cours des dernières années, les couvertures à points Hbc sont devenues des objets de collection prisés et bon nombre d'entre elles valent plusieurs centaines de dollars. L'âge de la couverture, son état, sa dimension, sa couleur et sa rareté sont tous des éléments qui ont une influence sur la valeur de l'article. Le service du Patrimoine Hbc n'est pas en mesure de vous renseigner sur la valeur de vos couvertures. Nous n'offrons pas de services d'évaluation et faisons nous-mêmes appel à des experts au besoin. Des services tels que eBay peuvent permettre d'évaluer les tendances actuelles du marché des objets de collection. Harold Tichenor, auteur et collectionneur de couvertures à points Hbc, a rédigé un guide à l'intention des collectionneurs. Cliquez ici pour plus de renseignements.

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Puis-je laver ma couverture? Comment devrais-je l'entretenir?

Oui. Les couvertures à points Hbc sont entièrement faites de laine et sont pré-rétrécies pendant le processus de fabrication. Vous pouvez donc laver la vôtre à la main en utilisant un détergent doux tel que Zero ou Woolite. La difficulté réside dans le séchage. Vous devez extraire l'eau doucement en enroulant la couverture dans des serviettes. NE TORDEZ JAMAIS VOTRE COUVERTURE. Faites-la ensuite sécher à plat, préférablement à l'ombre sur votre pelouse. Comme ces instructions ne font rien pour vous rendre la vie facile, nous recommandons le nettoyage à sec. Si vous en faites un usage normal, vous n'aurez pas besoin de faire nettoyer votre couverture très souvent. Vous devez toutefois faire appel au nettoyage à sec dans les cas suivants :

  • vous avez récemment acquis une couverture d'occasion et devez vous assurer qu'il n'y a aucune infestation de mites ou d'æufs; ou
  • la couverture est de couleur pastel.

 

Entretien général : Brossez votre couverture de temps en temps pour en relever le poil et déloger toute particule étrangère pouvant s'y être logée. Lorsque vous n'utilisez pas la couverture, rangez-la dans un placard ou un coffre en cèdre (de préférence) afin de la protéger des mites. Si vous n'avez ni l'un ni l'autre, enroulez la couverture dans un vieux drap ou placez-la dans deux taies d'oreillers en coton. Ne la rangez pas dans du plastique ou du vinyle, car l'humidité risquerait alors de l'endommager. Rangez la couverture pliée ou suspendue à un cintre. Si vous la rangez pour longtemps, assurez-vous de la déplier et de la replier périodiquement pour éviter que les plis ne deviennent permanents. Avec un entretien adéquat, votre couverture devrait durer pendant des décennies, voire plus longtemps encore.

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Rayon des couvertures, Hbc Winnipeg, 1963 ACBH 1987/363-W-316/224

Rayon des couvertures, Hbc Winnipeg, 1963
ACBH 1987/363-W-316/224

 

Dans quelles couleurs les couvertures ont-elles été offertes?

À l'origine, les couvertures étaient offertes dans des tons unis de rouge, de blanc, de vert ou de bleu et étaient ornées d'une rayure indigo simple à chaque extrémité. À l'époque de la traite des fourrures, les couvertures blanches étaient, de loin, les plus courantes; elles étaient ornées de rayures indigo, rouges ou bleues. Le motif à rayures multiples a été lancé en 1798 et est devenu très populaire, au point où il est souvent qualifié de «traditionnel».

Les «tons pastel» (bleu ciel, violet, vert, or et rose) ont été lancés en 1929. Conçues pour s'agencer à des décors plus modernes, les couvertures pastel étaient ton sur ton et présentaient des rayures et des points de teinte plus foncée. Les «tons impériaux» ont fait leur apparition vers le milieu des années 1930 : modèles «Coronation Blue» (bleu roi avec rayures et points rouges), «Harvest Gold» (avec indigo) et «Highland Heather» (violet royal avec accents blanc cassé); les «tons foncés» ont été lancés à la même époque : coraline (vermillon), vert pin, canneberge et caramel. Dans sa collection de photos, Hbc possède une image du magasin de Saskatoon en 1939 sur laquelle on peut voir entre 20 et 25 couvertures de couleurs différentes offertes pour la vente. La plupart de ces teintes n'étaient déjà plus produites dans les années 1960. De nos jours, Hbc offre ses couvertures dans les couleurs suivantes :

  • rayures multicolores;
  • rayures brunes : quatre rayures dans les tons de brun («motif du millénaire», lancé en 2000);
  • blanc avec rayure noire;
  • écarlate avec rayure noire;
  • vert avec rayure noire;

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Ma couverture présente quatre séries de rayures et est deux fois plus longue qu'elle le devrait. S'agit-il d'une erreur?

Non. Vous avez une paire de couvertures à points Hbc non séparée. Il s'agit d'une couverture double longueur qui n'a pas été séparée en deux couvertures simples. Les couvertures sont tissées en longs rouleaux continus d'environ 25 paires (50 couvertures simples). Jusqu'aux années 1970, elles étaient séparées en paires par le fabricant, emballées et expédiées en paires. Ce n'est qu'au point de vente que les paires étaient séparées à leur tour. On pratiquait une petite entaille dans la bordure, puis on séparait les couvertures en les déchirant littéralement. Les employés adoraient surprendre ainsi les clients! Le prix des couvertures était également déterminé «à la paire» jusqu'à la fin des années 1950 ou au début des années 1960. Les paires non séparées se révélaient particulièrement utiles pour les campeurs et autres adeptes des activités de plein air. Plier en deux la paire de couvertures permettait de créer un sac de couchage rudimentaire. Jusqu'à l'arrivée du matériel de plein air moderne, les couvertures Hbc étaient souvent utilisées de cette façon. De nos jours, toutes les couvertures sont séparées et emballées individuellement pendant le processus de fabrication. Les paires non séparées sont des pièces de collection très recherchées. Si vous en avez, ne les séparez pas!

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Vendez-vous toujours des manteaux en tissu de couverture?

Fabriqués pour la dernière fois en 2000, les manteaux classiques taillés dans une couverture à points HBC se vendent aujourd'hui dans les friperies ou sur eBay à des prix élevés.

À l'automne-hiver 2003, le style du manteau est actualisé pour souligner le lancement de la collection HBC Signature. Cette collectioncomprend des canadiennes et des cabans classiques en laine doublée confectionnés par Gloverall, le célèbre fabricant britannique. En magasin quelques saisons seulement, les manteaux, doublés de tartans HBC pâles et foncés coordonnés, sont ornés de rayures multicolores ou offerts en écarlate, gris et marine.

En 2009, une nouvelle collection HBC est lancée. Elle comprend des vêtements, des accessoires, des articles saisonniers spécialisés et des accessoires décoratifs pour la maison évoquant le mode de vie canadien.Pour souligner son lancement, la Compagnie de la Baie d'Hudson demande à dix créateurs de mode de confectionner un manteau unique et moderne fait d'une couverture à points HBC. Comrags, Erdem Moralioglu, Harricana par Mariouche, Jeremy Laing, Klaxon Howl, Krane, Lida Baday, Pink Tartan, Smythe et Todd Lynn acceptent l’invitation de la Compagnie.

Du blouson aviateur au parka pour elle et lui, en passant par la cape, le manteau long garni de fourrure et celui paré d'une tournure victorienne, les manteaux de ces créateurs à l’imagination et à la création débordantes sont dignes d’une galerie d’art.

En 2010, 100 vestes trapèze à capuchon créées par Smythe sont commandées spécialement pour le supermagasin des Jeux olympiques d'hiver de Vancouver.Le manteau de la collection HBC est devenu si populaire qu'il est encore confectionné en quantités limitées. La Compagnie de la Baie d'Hudson s’associe également à Pendleton pour créer une canadienne et un caban aux rayures HBC, offerts en magasin et en ligne.

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Je vis aux États-Unis. Où puis-je acheter des couvertures à points HBC?

La société Woolrich, Inc. est titulaire en exclusivité de la licence relative aux couvertures HBC aux États-Unis. Elle est donc la seule à être autorisée à les importer. Il est possible de s’en procurer dans les magasins Lord & Taylor, Woolrich, L.L. Bean, et le grand magasin Getz’s. Les couvertures sont en vente sur le site Web de chacune de ces entreprises.

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Depuis combien de temps la Compagnie de la Baie d'Hudson vend-elle des couvertures?

La Compagnie vend des couvertures depuis ses tout débuts. En 1668, soit deux ans avant l'octroi de la Charte royale, le Nonsuch avait mis les voiles sur la baie d'Hudson, entreprenant ainsi un voyage extrêmement spéculatif pour prouver l'existence d'un passage nordique pour la traite des fourrures. Parmi les biens qu'il transportait à des fins de troc se trouvaient des couvertures, qui ont toujours été un élément de troc.

 

R.M. Ballantyne, commis, et George Barnston, négociant en chef, arrivent à Tadoussac, 6février 1846, par Charles Fraser Comfort, 1941

R.M. Ballantyne, commis, et George Barnston, négociant en chef, arrivent à Tadoussac,
6 février 1846
, par Charles Fraser Comfort, 1941

 

De quoi avait l'air le traditionnel manteau de style portefeuille?

Fabriqué au moyen d'une couverture Hbc, ce manteau était fréquemment porté par les membres des Premières Nations. Il y en a eu de très nombreuses versions, et les variations de style étaient courantes : avec ou sans capuchon, broderies, perles ou frange de cuir. De fait, la personnalisation était la norme. Le style métis est probablement celui qui est le plus connu. Le manteau comportait un capuchon et des franges, et se fermait au moyen d'une ceinture fléchée; ce vêtement est devenu un article de base des explorateurs et des commerçants de Hbc. Facile à fabriquer, chaud et résistant à l'eau, ce manteau était idéal pour le climat canadien.

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Où puis-je trouver plus de renseignements sur les couvertures à points HBC?

Cliquez ici pour obtenir plus de renseignements. Vous pouvez également consulter l'ouvrage intitulé «La couverture : histoire illustrée de la couverture à points de la Compagnie de la Baie d'Hudson», écrit par Harold Tichenor, collectionneur de couvertures à points Hbc bien connu. Paru en 2002, ce livre est en vente dans certains magasins la Baie au prix de 19,95 $. Si l'on se trouve aux États-Unis, on peut également le commander directement à partir du site web de Woolrich. Le site Web de Harold Tichenor est également très intéressant. Si l'idée de collectionner vous intéresse, nous vous suggérons de jeter un coup d'æil à l'ouvrage The Collector's Guide to Point Blankets of the Hudson's Bay Company and other companies trading in North America, également rédigé par Harold Tichenor. On peut se le procurer directement auprès de l'auteur.

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Pourquoi la rayure de la couverture paraît-elle bleue dans votre publicité alors qu'en fait, elle est noire?

En réalité, la rayure noire de la couverture n'est pas noire, mais indigo (un bleu très foncé). Sur les couvertures de ton uni, le contraste intense entre la couleur de la couverture et la rayure donne à celle-ci l'apparence du noir; par contre, sur la couverture crème à rayures multicolores, la teinte indigo ressort clairement. Le bleu indigo est une teinture naturelle qui produit un bleu/noir intense. À l'occasion, Hbc a mis à l'essai d'autres teintures pour obtenir du noir (particulièrement au cours de la Première Guerre mondiale), mais les résultats n'ont jamais été convaincants. Depuis 1923, elle utilise exclusivement l'indigo.

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J'habite au Royaume-Uni/en Europe. Où puis-je me procurer des couvertures à points HBC?

Le site Web de Lord & Taylor permet de commander des articles et de les livrer dans de nombreux pays.

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Non, la Compagnie de la Baie d'Hudson n’est pas du tout impliquée dans cette histoire de couvertures infectées de variole utilisées comme armes biologiques.

L'histoire des couvertures infectées de variole provient de lettres du général Sir Jeffrey Amherst, commandant en chef des forces britanniques en Amérique du Nord en 1763, pendant la guerre de Sept Ans. Dans une lettre, Amherst, qui n’a que dégoût et mépris envers la population indigène, suggère à son colonel, Henry Bouquet, d’introduire la variole dans la population autochtone. Bouquet répond qu’il serait peut-être possible d’infecter des couvertures et des mouchoirs. Les historiens ne savent pas si ces commentaires concernant l'utilisation de la variole comme arme biologique ont donné suite à des mesures concrètes. 

La variole fait son apparition dans l'ancienne Asie de l'Est, puis se propage au Moyen-Orient, en Inde, en Afrique et en Europe. Le taux de mortalité est de 30 à 35 %, mais il peut être beaucoup plus élevé. Au Canada, la variole frappe d’abord en 1616 à Tadoussac, premier poste de traite français en Amérique du Nord. La maladie est inconnue des Premières nations qui n'ont pas d'immunité naturelle, à la différence des Européens. De Tadoussac, la maladie se propage rapidement aux tribus des Maritimes, de la baie James et de la région des Grands Lacs. Vers la même époque, les colons britanniques arrivent avec la variole dans la région de Boston Bay, causant la disparition de près de 90 % des tribus algonquines locales.

En 1769, le Britannique Edward Jenner invente un vaccin antivariolique, peu après expédié en Amérique du Nord. L'épidémie de variole chez les Premières Nations est souvent une source de préoccupation pour les commerçants de la CBH, qui sont des témoins directs de son impact dévastateur. Les employés de la CBH  font de leur mieux pour freiner la propagation de la maladie en prenant rapidement des mesures de mise en quarantaine et en donnant des soins aux personnes déjà infectées. En 1837, après le déclenchement d'une épidémie dans les Prairies, la Compagnie lance un programme de vaccination pour tous les habitants du territoire. Cet objectif est facilité par les structures organisationnelles et la chaîne de transports de la CBH déjà en place dans l'Ouest canadien. L'initiative permet l'éradication presque totale de la maladie au Canada en quelques décennies. Le dernier cas de variole au pays est signalé en 1962, et la maladie est déclarée officiellement éradiquée en 1980.   

Le présent article s'inspire en grande partie d'un article de Christopher J. Rutty intitulé A Pox in Our Nation paru dans l'édition de février-mars 2015 du magazine Histoire Canada.

Pour en savoir plus au sujet de la variole (en anglais) :

http://www.museumofhealthcare.ca/explore/exhibits/vaccinations/smallpox.html

http://www.healthheritageresearch.com/SpeckledMonster.pdf

Pour en savoir plus au sujet la CBH au temps de la variole (en anglais) :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2094753/

Pour en savoir plus au sujet du général Amherst (en anglais) :

https://www.amherst.edu/library/archives/faq#lordjeff

http://www.umass.edu/legal/derrico/amherst/lord_jeff.html

 

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