(untitled)

L'histoire d'un chapeau, ou comment préserver le passé

Haut-de-forme en castor avec boéte, fin des années 1800

Haut-de-forme en castor avec boîte, fin des années 1800

La collection d'artéfacts de la Compagnie de la Baie d'Hudson compte maintenant plus d'un millier d'articles. Par suite du succès des galeries Hbc ouvertes récemment à Montréal et à Victoria, des galeries semblables ouvriront tôt ou tard dans d'autres magasins. Par conséquent, le service du Patrimoine Hbc est constamment à la recherche de nouvelles pièces pour enrichir la collection. Cependant, il arrive parfois que l'exposition d'un artéfact exige beaucoup plus que son achat et sa présentation en public. À titre d'exemple, examinons la récente acquisition que nous avons faite d'un chapeau haut-de-forme et de sa boîte.

Ces articles ont été achetés spécialement pour une exposition récente. Comme la fourrure de castor était au centre des premières activités commerciales de la Compagnie et qu'elle servait principalement à la confection de chapeaux pour homme, il nous semblait qu'un haut-de-forme en peau de castor illustrerait de façon appropriée tant l'aspect historique que commercial des activités de la Compagnie. Mais puisqu'à l'époque, Hbc vendait ses peaux aux enchères et ne confectionnait pas de chapeaux, nous étions d'avis que n'importe quel exemplaire de bonne qualité ferait l'affaire. C'est ainsi que notre recherche a débuté.

Les enchères, les magasins d'antiquités et les collectionneurs sont d'excellentes sources d'approvisionnement pour qui veut se procurer de tels objets, mais eBay, le service de vente aux enchères sur Internet, est souvent l'endroit le plus pratique où chercher un article en particulier. Au moment où nous avons entrepris nos recherches, des dizaines de chapeaux de castor étaient offerts. Nous avons rapidement limité le choix à ceux offerts avec leur boîte et en assez bonne condition. Notre choix s'est porté sur ce chapeau en particulier en raison de sa provenance et de son histoire : le vendeur savait que le chapeau avait un lien avec le Canada puisqu'il avait appartenu à un dentiste de St. Thomas, en Ontario.

Effritement de la boéte du haut-de-forme

Effritement de la boîte du haut-de-forme

Quand nous avons reçu le chapeau à nos bureaux de Toronto, nous avons tout de suite constaté qu'il n'était pas en état d'être exposé. Le cuir qui recouvrait la boîte pelait sérieusement et nous avons retrouvé à l'intérieur une petite larve morte. Les insectes peuvent causer des dommages importants à toute collection et c'est pourquoi nous avons immédiatement isolé le chapeau et sa boîte. Nous avons alors fait appel à Elizabeth Griffin, conservatrice d'objets et de matières textiles, qui nous a recommandé un traitement en deux volets. Nous avons tout d'abord consolidé la boîte afin de stopper l'effritement. Une fois l'état stabilisé, nous avons entrepris la deuxième partie du traitement, soit l'élimination des insectes sur le chapeau et la boîte.

Pour cette étape, nous avons écarté la possibilité de recourir aux procédés chimiques ou à la congélation afin d'éviter d'endommager encore plus les objets. Il nous restait l'option de les isoler dans un endroit à faible teneur en oxygène. Ce procédé consiste à placer les objets dans un contenant hermétique dont on extrait l'oxygène afin d'éliminer par suffocation les insectes qui pourraient s'y trouver. Les objets ont ensuite été passés à l'aspirateur et brossés pour en retirer tous les débris et en améliorer apparence. Une fois stabilisés et exempts de tout parasite, le chapeau et la boîte étaient prêts à être exposés.

Si vous possédez des artéfacts qui, selon vous, mériteraient de faire partie de la collection de la Compagnie et, qui sait, être présentés au grand public un jour, communiquez avec nous.